Blog / Intelligence artificielle
20 octobre 2026 · 5 min · Ruth Hillary Aka

L'IA est une stagiaire très rapide. Elle a toujours besoin d'une directrice artistique.

Ce que l'intelligence artificielle fait bien dans mon travail de designer, ce qu'elle fait moins bien, et pourquoi le goût reste la compétence qui compte.

IAIntelligence artificielle

La première fois que j'ai demandé à un générateur d'images « une femme africaine qui sourit en tenant son téléphone, lumière chaude », j'ai obtenu une très belle photo. D'une femme à six doigts, qui tenait deux téléphones. Depuis, nous avons fait des progrès, elle et moi.

L'IA fait désormais partie de mon quotidien de designer. Elle ne m'a pas remplacée. Elle m'a surtout donné une assistante infatigable, très rapide, qui ne demande jamais d'augmentation, mais dont je relis absolument tout.

Ce qu'elle fait bien

  • Explorer. En début de projet, elle m'aide à visualiser plusieurs pistes en une heure au lieu d'une journée. Je jette 90 % des résultats, mais les 10 % restants ouvrent souvent une idée.
  • Décliner. Adapter un visuel à cinq formats, tester trois arrière-plans, préparer des variantes pour une campagne : le travail répétitif va beaucoup plus vite.
  • Mettre en scène. Pour Hemma Collection, des visuels de campagne réalisés avec l'IA ont permis de montrer les pièces dans des décors pensés pour la marque, sans organiser un tournage à chaque nouveauté.
  • Dégrossir la vidéo. Transcription, premiers sous-titres, nettoyage du son : autant de minutes rendues au montage lui-même.

Ce qu'elle ne fait pas

Elle ne connaît pas votre marque. Elle ne sait pas que votre cliente principale a 45 ans, vit à Lyon et envoie de l'argent à sa mère à Bouaké chaque fin de mois. Elle ne sait pas qu'un visuel de Tabaski doit être juste dans ses détails, ni que la tante de votre directeur déteste le violet (c'est un vrai critère, croyez-moi).

Elle ne garde pas non plus la cohérence sur la durée. Une identité visuelle, c'est un an de publications qui se ressemblent, pas une seule belle image. Et surtout, elle ne prend aucune responsabilité : si un visuel est raté, ce n'est pas elle qui répond au client.

Ma méthode

Le brief d'abord, l'IA ensuite. Je sais ce que je cherche avant d'ouvrir l'outil. Ensuite je fais la direction artistique : cadrage, lumière, palette, intention. Puis je vérifie tout à la main : les mains (toujours les mains), les textes, les visages, les détails culturels. Enfin, je suis transparente avec mes clients sur ce qui a été produit avec l'IA et sur les droits d'utilisation.

Si vous débutez

Apprenez les bases avant les raccourcis : composition, typographie, couleur, hiérarchie. L'IA accélère ce que vous savez déjà faire, elle ne remplace pas ce que vous ne savez pas encore. Tout le monde a accès aux mêmes outils. Ce qui fera la différence, c'est votre œil, votre culture et votre capacité à dire « non, pas celle-là ».

Ma stagiaire est rapide, disponible à trois heures du matin et ne se plaint jamais. Mais c'est moi qui signe.